Muriel Lefevre
Opinion

22/03/17 à 10:56 - Mise à jour à 23/03/17 à 14:02

Benoît Hamon à La Madeleine : j'y étais, et tout est vrai

La foule était nombreuse devant la salle de la Madeleine pour écouter Benoit Hamon, le candidat socialiste à la présidentielle française. Trop nombreuse. Il y a forcément eu des déçus.

Benoît Hamon à La Madeleine : j'y étais, et tout est vrai

© ML

Les organisateurs parlent de 3000 personnes. Alors que la salle ne peut en accueillir que 1500. La police veille. On ne rigole pas : dès 18 h 28, c'est déjà complet.

Du coup, on ouvre une deuxième salle où les moins chanceux pourront suivre le meeting par écran interposé.

De quoi faire comprendre leur chance à ceux qui sont dans la salle. Il y avait les supporters et les curieux bien sûr, mais aussi le gratin de la presse parisienne et la crème du PS belge, toute frétillante au premier rang. On a vu Laurette, Maria, Yvan et même Elio. Mais pas longtemps, car il était attendu à Mons pour le conseil communal. Paul n'était pas là. Enfin, on ne l'a pas vu. Il était peut-être juste discret. Et puis il avait déjà vu Benoît, il y a deux jours à Bercy, pour son grand meeting. Le manque n'a donc pas vraiment eu le temps de s'installer.

Il y avait aussi José Bové, Vincent Peillon, ancien ministre de l'Education et ancien candidat aux primaires de gauche, l'écologiste Yannick Jadot et l'économiste Thomas Piketty. Du beau monde.

Hamon est venu dans la capitale de l'Europe pour parler d'Europe et défendre son "traité de démocratisation de la zone euro". Ce meeting vient conclure une journée chargée pour un candidat déjà fatigué. Le matin, il a vu Jean-Claude Juncker, même s'il sait que la Commission ne le porte pas dans son coeur. Il a aussi perdu l'un de ses mentors en politique, Henri Emmanuelli. Et puis les affaires en France ont refait parler d'elles. Il y a la démission du ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux, et "la Hollandie qui craque doucement, mais sûrement pour Macron". Bref, de bonnes raisons pour ne pas être en grande forme.

Pourtant il est là.

Son directeur de campagne souffle aux journalistes: "On va enchaîner les meetings, c'est là où il est le meilleur."

Et voilà que le meeting en question commence avec la cellule bruxelloise du PS et d'Ecolo, puis vient le tour d'Elio Di Rupo. Un président du PS qui se fait beaucoup applaudir pour sa sortie sur le cannabis et qui va conclure son discours sur un vibrant : "Vas-y Benoît." Piketty rejoint alors la tribune. Il est l'économiste qui vient de codiriger le "traité de démocratisation de la zone euro" avec Hamon. Pour lui, il est "le seul candidat vraiment européen. Le plus grand depuis Mitterand". Viendra enfin le tour de Yannick Jadot qui évoquera à propos de certains autres candidats "l'Amicale du Kremlin qui est selon lui l'association la plus représentée en France".

Après ce boulevard de louanges, c'est au tour de la star de la soirée d'entrer en scène. Il est assis à côté d'Yvan Mayeur, il est 20h30 passé et la foule, qui a dû rester debout, commence à fatiguer.

Benoît Hamon à La Madeleine : j'y étais, et tout est vrai

© ML

Le candidat s'élance alors dans un discours de 1 h 15 efficace et bien rodé. Bien rodé, peut-être, mais pas franchement flamboyant. On aperçoit ici et là des gens qui quittent la salle. L'ambiance serait pourtant bien meilleure qu'à Paris, selon un de nos confrères parisiens.

Le candidat égrène son programme et reste sur ses classiques franco-français que sont l'éducation, les aînés, les cas Fillon et Macron. Le public se réveille à peine lorsqu'il aborde le ministère du temps libre qui lui vaudra une salve d'applaudissements. Il semble tout de même parvenir à reprendre quelque peu la salle lorsqu'il aborde vers la fin de son discours les thèmes de l'Europe.

Vers 22 h, il conclut avec un appel aux Belges à convaincre leurs voisins français de voter pour lui et ajoute un "Vive la Belgique. Vive l'Europe".

Lorsque les lumières se rallument, la salle, déjà plus clairsemée qu'au début et pas vraiment en délire, va se vider sagement. Celui qui veut faire battre le coeur de la France n'aura, à Bruxelles, réussi qu'à faire vibrer ponctuellement un public pourtant acquis à sa cause.

Lire aussi: Benoît Hamon réunit 3.000 personnes à Bruxelles "pour faire battre le coeur de l'Europe"

En savoir plus sur:

Nos partenaires

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience d'utilisateur. En continuant à surfer, vous acceptez notre politique de cookies. Plus d'infos