Bart De Wever chargé d'une mission d'information par le roi

27/05/14 à 13:46 - Mise à jour à 13:45

Source: Le Vif

Le roi Philippe a chargé mardi le président de la N-VA Bart De Wever d'une mission d'information, a annoncé le Palais dans un communiqué.

Bart De Wever chargé d'une mission d'information par le roi

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"Sa Majesté le Roi a reçu en audience ce midi au Palais de Bruxelles M. Bart De Wever, Président de la N-VA, et l'a chargé d'une mission d'information visant à examiner les conditions dans lesquelles un gouvernement peut être formé rapidement", selon les termes de ce communiqué. "M. De Wever a accepté cette mission. Il fera rapport au Roi sur l'avancement de sa mission le mardi 3 juin", est-il précisé.

Grand vainqueur des élections du 25 mai, Bart De Wever se retrouve dès lors à la manoeuvre au fédéral pour une mission d'information, alors qu'il a entamé dans le même temps une série de contacts visant à mettre sur pied un gouvernement flamand. Il a commencé à recevoir les présidents de parti flamands à cette fin, en débutant par le CD&V.

Les chrétiens-démocrates ont indiqué dès lundi qu'à leurs yeux, il faudrait constituer simultanément les gouvernements fédéral et régionaux.

Premier parti francophone, le PS a annoncé une initiative prochaine en vue de la formation des majorités wallonne et bruxelloise. Rappelant la nécessité d'avancer de concert au fédéral et dans les Régions, les socialistes soulignaient lundi le rôle du roi à la manoeuvre au lendemain des élections.

Bart De Wever achève son tour de table des présidents de partis flamands

Le président de la N-VA, Bart De Wever, a entamé mardi après-midi la fin de son premier tour de table des partis flamands qu'il consulte en vue de la formation d'un gouvernement en Région flamande. Après sa désignation à 13h comme informateur royal pour déblayer le terrain des négociations au niveau fédéral, il a reçu pour le niveau régional le président des Verts flamands Wouter Van Besien.

A 15h45, c'était au président du Vlaams Belang, Gerolf Annemans, de répondre présent à son appel.

Devant les caméras et micros, le président de la N-VA a refusé de répondre aux questions relatives à la mission d'information que lui a confiée le roi Philippe, ce qu'a fait volontiers Wouter Van Besien: "Il est logique que le vainqueur des élections se voie attribuer cette initiative et la prenne".

En ce qui concerne son entretien avec Bart De Wever, le président de Groen a précisé qu'il avait mis un nombre de points que son parti juge importants sur la table, tels que l'élimination des listes d'attente dans le secteur des soins ou le bouclage du ring d'Anvers.

Il s'est dit conscient que sa formation ne constituait pas le premier choix de Bart De Wever, qui "avait déjà fait part de sa préférence pour le CD&V et l'Open Vld avant les élections".

Bart De Wever, l'homme multi-tâches L'informateur commencera mercredi sa mission fédérale après consulté mardi les présidents de parti flamands qu'il a reçus mardi à l'occasion de sa mission d'information en vue de former un gouvernement flamand.

Les entretiens auront lieu au Sénat. Les entretiens commenceront à 10h avec le PS. Suivront le MR à 11h, le cdH à 12h, Ecolo à 14h, le PTB à 15h et le PP à 16h.

Du côté francophone, peu d'information filtrait deux jours après les élections alors que les voix de préférence ne sont pas encore connues. Des contacts ont lieu "tous azimut".

Au PS, on prépare les futures consultations annoncées lundi en Bureau de parti. Elles débuteront lundi. Paul Magnette sera à la manoeuvre en Wallonie et Laurette Onkelinx à Bruxelles, le parti socialiste ayant la main en sa qualité de premier parti francophone à Bruxelles et en Wallonie. A l'issue du Bureau de lundi, plusieurs membres soulignaient la volonté de ne pas avancer trop rapidement, le temps notamment de voir ce qui se dessine en Flandre, et singulièrement quelle sera la position du CD&V vis-à-vis des premières demandes de la N-VA. On insistait sur l'ambition de plancher sur un "projet progressiste". Entre-temps, le président de la N-VA Bart De Wever a organisé un premier tour de consultation des partis flamands.

Au MR, on continuait mardi à se féliciter du résultat des élections: 16 députés supplémentaires dans les différentes assemblées, 6 au Parlement wallon, 6 au Parlement bruxellois et 4 à la Chambre, en comparaison avec le MR sans le FDF lors de la législature précédente. On faisait notamment observer que l'écart n'était plus que de 3 sièges avec le PS à la Chambre alors que la famille libérale fait quasi jeu égal avec la famille socialiste. Enfin, au Parlement wallon, il n'y a jamais eu autant de députés réformateurs. Un tiers de l'assemblée sera bleue.

Le président de la N-VA (et bourgmestre d'Anvers) se trouve dans une situation pour le moins exposée au surlendemain des élections. Premier en Flandre, il a entamé les premiers contacts en vue de former un gouvernement flamand. Premier en Belgique, il a été chargé par le Roi d'une mission d'information en vue de former un gouvernement fédéral.

Selon les plans qu'il a expliqués avant les élections, M. De Wever veut constituer d'abord une majorité en Flandre qui ensuite négociera à l'échelon fédéral. Les partis francophones ne partagent pas cette façon de voir. Le PS et le MR ont fait savoir dès dimanche soir que les discussions devraient se dérouler parallèlement pour éviter la paralysie fédérale. Lundi soir, le CD&V a précisé son opinion sur la question: pas question de phaser les deux négociations de telle sorte que le fédéral devrait dépendre d'un autre niveau de pouvoir.

Nul ne s'est encore avancé sur la nature des futures coalitions. S'il a incontestablement remporté sa deuxième victoire électorale fédérale, M.De Wever se trouve face à une situation qui a changé: une tripartite traditionnelle, associant socialistes, chrétiens-démocrates et libéraux dispose d'une majorité dans le groupe linguistique flamand (45 sièges sur 87 et 97 sièges sur 150 au total), ce qui n'était pas le cas sous la législature précédente.

Le président des nationalistes n'en a pas fait mystère. Lundi, sur les ondes de la VRT, il a distingué deux scénarios: la N-VA à tous les niveaux de pouvoir ou, celui auquel, d'après lui, le PS aspire: la tripartite classique.

Même si l'on oublie les déclarations très viriles de certains dirigeants francophones à l'égard de la N-VA avant les élections, la constitution d'une majorité fédérale avec les nationalistes ne sera pas simple à mettre en oeuvre. Une coalition de centre droit, associant la N-VA, le CD&V et l'Open Vld, d'un côté, et le MR et le cdH de l'autre pourrait compter sur 94 sièges mais seulement 29 sur 63 du côté francophone. Une majorité dans le groupe linguistique francophone impliquerait en pratique d'associer le PS. La N-VA et le CD&V, d'un côté, et le PS et le cdH, de l'autres, pourraient compter sur 83 sièges, dont 32 dans le groupe francophone. Dans ce cas de figure, les chrétiens démocrates retrouvent une place centrale. La formule N-VA, CD&V et PS, MR pourrait compter sur 94 sièges et une majorité dans chaque groupe.

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