Baptêmes étudiants : Elio Di Rupo répond à Ségolène Royal

15/10/13 à 21:19 - Mise à jour à 21:19

Source: Le Vif

Dans une lettre adressée à Elio Di Rupo, Ségolène Royal suggérait qu'il interdise les baptêmes estudiantins en Belgique comme elle l'avait elle-même fait il y a 15 ans en France avec le bizutage. Suite à la question d'un internaute sur Twitter, Elio Di Rupo a répondu à de l'ex-candidate à l'élection présidentielle française.

Baptêmes étudiants : Elio Di Rupo répond à Ségolène Royal

© Twitter

Mardi après-midi, le premier ministre s'était livré à une séance de questions/réponses sur Twitter . Un internaute en a profité pour lui demander ce qu'il avait à répondre à Ségolène Royal. "Le baptême d'étudiant est un choix personnel. On ne peut en aucun cas porter atteinte à l'intégrité physique des étudiants. Nous avons des lois pour sanctionner les débordements", a commenté le Premier ministre sur son compte Twitter.

"La plupart des baptêmes se déroulent sans problème"

L'Union estudiantine catholique flamande (KVHV, Katholiek Vlaams Hoogstudentenverbond) a également réagi au courrier de Ségolène Royal et ne partage pas son avis concernant les baptêmes estudiantins.

Selon l'union flamande, "toutes les organisations estudiantines ne doivent pas être sanctionnées à cause de certains étudiants qui ne veulent pas s'en tenir aux règles". "Chaque année, des dizaines, voire des centaines de baptêmes sont organisés en Belgique. La plupart se déroulent sans problème", souligne le KVHV.

Mais "il faut effectivement prendre des mesures contre la consommation abusive d'alcool et les dangers médicaux", indique encore l'union estudiantine, citant pour exemple la "charte de baptême" mise en place à Anvers et signée par chaque cercle.

Une vision simpliste

Le recteur de l'Université de Liège a quant à lui répondu mardi via Scoop.it à la lettre envoyée par Ségolène Royal à Elio Di Rupo. Pour Bernard Rentier, l'ex-candidate socialiste à la présidentielle en France a une "vision simpliste du problème."

Légiférer sur les baptêmes, le recteur de l'ULg n'y est pas favorable. Selon lui, "il y a suffisamment de lois en Belgique pour réprimer de tels comportements erratiques. Interdire les baptêmes ne résoudrait rien et porterait atteinte à un folklore généralement bon enfant". Il affirme que des mesures moins répressives, mais éducatives pourraient réduire les débordements.

M. Rentier estime que la présidente de la région Poitou-Charentes a "une vision simpliste du problème" et qu'elle confond "baptême et bizutage". "En faisant interdire les baptêmes, elle n'a pas réalisé qu'elle créait une prohibition, meilleur moyen de rendre clandestine une activité qui peut, normalement, être adéquatement encadrée."

Le recteur suggère à Ségolène Royal de s'interroger sur les raisons qui poussent des milliers d'étudiants français à réaliser leurs études en Belgique, aux frais de la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Tant qu'à donner des leçons, elle pourrait commencer par se préoccuper des problèmes bien hexagonaux: le numerus clausus, les concours et le bachotage", écrit-il encore sur Scoop.it.

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