Bahar Kimyongur assigné à résidence

03/12/13 à 16:41 - Mise à jour à 16:41

Source: Le Vif

La justice italienne a ordonné l'assignation à résidence de Bahar Kimyongur. Le ressortissant belgo-turc devra donc rester en Italie en attendant que la cour d'appel de Bergame se prononce sur la demande d'extradition de la Turquie.

Bahar Kimyongur assigné à résidence

© Image Globe

Arrêté le 21 novembre à Bergame (Italie) par une douzaine de policiers à sa descente du vol Ryanair, le Belge d'origine turque Bahar Kimyongur est sous le coup d'un mandat Interpol renouvelé cette année par la Turquie. Depuis de nombreuses années, Ankara réclame son extradition pour sa participation à l'organisation "terroriste" d'extrême-gauche DHKP-C. Le 17 juin dernier, il avait été interpellé en Espagne sur base du même mandat. Or Kimyongur a été acquitté par les tribunaux belges pour les faits reprochés par la Turquie, et les Pays-Bas ont refusé son extradition.

"En exil forcé, il va devoir rester pendant plusieurs semaines assigné à résidence dans la ville de Marina di Massa, déclare le Comité pour la liberté d'expression et d'association (CLEA) dans un communiqué. L'État turc disposant de 40 jours (depuis la date de son interpellation) pour transmettre ses "arguments" à l'Italie, notre ami se verra dans l'interdiction de se déplacer, de quitter la ville toscane, au moins durant 27 jours supplémentaires". Il devra se présenter tous les jours au commissariat local.

"Cette décision est d'autant plus scandaleuse que Bahar Kimyongur s'est toujours présenté devant les tribunaux, en Belgique ou à l'étranger, quand l'État turc l'y a fait convoquer", poursuit le CLEA, qui exige sa libération et son retour en Belgique, "pour qu'il retrouve au plus vite sa liberté de mouvement et son droit à la libre parole".

Né à Bruxelles en 1974, Bahar Kimyongur est issu d'une famille arabe alaouite originaire d'Antioche et aux racines syriennes. Il est un farouche opposant au gouvernement turc actuel et à sa politique d'hostilité à l'égard de la Syrie de Bachar Al-Assad. Une semaine avant son arrestation, il manifestait devant l'ambassade turque à Bruxelles pour protester contre la "mansuétude" d'Ankara à l'égard des Belges partis combattre en Syrie.

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