Bagarre de chiffres pour louer ou incendier la politique fédérale

11/10/17 à 15:19 - Mise à jour à 15:19

Source: Belga

La majorité et l'opposition se sont renvoyé mercredi les chiffres relatifs à la création d'emplois et à la croissance pour appuyer ou, au contraire, dénoncer la politique du gouvernement fédéral. La première a mis en avant les résultats engrangés après trois ans de gouvernement. "Les indicateurs sont au vert", a affirmé le chef de groupe MR, David Clarinval. "Revenez sur terre, c'est ici que ça se passe, dans la vraie vie, très éloignée de ce dont vous nous parlez", a lancé le chef de groupe PS, Ahmed Laaouej, au Premier ministre.

Bagarre de chiffres pour louer ou incendier la politique fédérale

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La création d'emplois à temps plein a occupé une partie des débats. Selon Charles Michel (MR), le nombre de ces emplois a augmenté de 60.000 unités entre fin 2015 et fin 2016. Les chiffres de l'ONSS invoqués par le PTB montrent pourtant une autre réalité: 39.000 emplois à temps plein, 12.000 intérimaires et 10.000 à temps partiel. Les précisions du ministre de l'Emploi, Kris Peeters (CD&V), n'ont pas clarifié la situation: + 24.000 emplois temps plein et + 30.000 emplois temps partiels à la fin 2016.

Quant à la création d'emploi, elle est inférieure à celle de la zone euro, a averti le PS. Le propos a fait bondir l'Open Vld: on ne peut à la fois vilipender la politique menée en Allemagne, aux Pays-Bas ou dans les pays scandinaves et en vanter les résultats, a fait remarquer Patrick Dewael.

L'opposition a également dénoncé la pauvreté d'une partie croissante de la population. Un "gouvernement de l'insécurité sociale", selon les socialistes. "Le nombre de ceux qui, dans notre pays, ne vivent pas de façon digne ne cesse d'augmenter", a renchéri Georges Gilkinet (Ecolo).

La majorité a rappelé les efforts déjà fournis pour relever les minima sociaux. L'incertitude demeure toutefois sur la réalisation de l'objectif contenu dans l'accord de gouvernement, à savoir un relèvement progressif aux seuils de pauvreté européens. Le premier ministre l'a rappelé dans son discours à la Chambre mardi mais deux jours plus tôt la secrétaire d'Etat à la Lutte contre la pauvreté, Zuhal Demir (N-VA), avait jeté le trouble en jugeant que cet objectif ne pourrait être atteint. "On poursuivra les efforts dans un cadre réaliste", a précisé le chef de groupe nationaliste, Peter De Roover, jugeant que l'on ne pouvait cacher "les difficultés".

Le gouvernement a reporté le retour à l'équilibre budgétaire et ne l'atteindra pas sous cette législature.

L'opposition a dénoncé les effets d'une politique de "chèques en blanc signés sans contrepartie". "Nous ne voulons pas d'un tax shift bis qui vous amènera à la ruine et à prendre la sécurité sociale pour un tiroir-caisse", a averti M. Laaouej en évoquant la réforme de l'impôt des sociétés. "Votre choix, c'est de remplir le tiroir-caisse en ponctionnant les travailleurs, ça n'est pas le nôtre", a répliqué M. Michel.

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