Bacquelaine dément la diminution de la pension des enseignants

24/10/14 à 13:46 - Mise à jour à 13:46

Source: Belga

Le ministre fédéral des Pensions, Daniel Bacquelaine, a tenu à infirmer de "la manière la plus nette, les propos qui circulent quant à une diminution des montants de pensions des enseignants". Ces propos sont totalement "infondés et ne correspondent en rien à la réalité", a-t-il souligné. Le ministre rencontrera la semaine prochaine la ministre de l'Enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles Joëlle Milquet pour "rétablir la vérité".

Bacquelaine dément la diminution de la pension des enseignants

Daniel Bacquelaine © Belga

Mme Milquet (cdH) a écrit à M. Bacquelaine (MR) pour lui demander de "préserver le régime des retraites des enseignants", a indiqué le journal Le Soir vendredi. Elle a également sollicité un rendez-vous. Le quotidien précisait que les enseignants étaient directement visés par les projets du gouvernement fédéral.

S'ils sont exposés aux mesures qui touchent l'ensemble des Belges (saut d'index, etc.), ils sont aussi, comme fonctionnaires, menacés par les restrictions ciblant les retraites de la Fonction publique. Et ils risquent de perdre les régimes préférentiels qui tenaient compte de la spécificité de leur carrière.

A l'addition, ils devraient travailler six à sept ans de plus pour toucher une pension moindre. Qu'en est-il dans les faits? Tout d'abord, si le saut d'index a lieu (les traitements dans la fonction publique ne seront pas indexés deux mois après le dépassement de l'indice-pivot et l'échéance est sans cesse reportée vu le contexte de basse inflation voire de déflation), il n'entraînera pas de "réduction" de la pension, précise Hugues Vlemincq, chef de cabinet du ministre des Pensions. Ce dernier admet toutefois que la non-prise en compte de l'indexation qui aurait dû avoir lieu s'il n'y avait pas eu de saut d'index aura un effet: il y a dans ce cas-là une perte de revenu liée à la non-majoration qui ne pourra être prise en compte dans le calcul de la pension.

Autre mesure, la suppression progressive de la bonification de diplôme. Les fonctionnaires sont les seuls travailleurs à pouvoir assimiler leurs années d'études à leur carrière (5 années de droit fait passer la carrière de 35 à 40 ans). La suppression interviendra progressivement à concurrence de six mois par an, probablement à partir de juillet 2015. Mais cela n'intervient pas dans le calcul de la pension, souligne Hugues Vlemincq. Cela concerne la durée de la carrière et interviendra donc dans les conditions permettant un départ anticipé à la retraite. Mais pas pour ceux qui ont déjà introduit une demande. Déjà revues par le gouvernement Di Rupo, les conditions générales de départ anticipé à la retraite passeront à 63 ans et 42 ans de carrière à l'horizon 2019 (l'âge de la pension passera à 67 ans en 2030). Mais comme d'autres métiers dits lourds ou pénibles (magistrats, postiers, etc.), les enseignants bénéficient d'un "régime préférentiel". Et à cet égard, "rien ne change pour le calcul" des tantièmes, explique M. Vlemincq. Et "on ne touchera pas auxdits régimes tant que la concertation sociale n'aura pas abouti à l'élaboration de nouveaux critères".

Cette concertation devrait durer un certain temps. Il est par exemple question de s'interroger sur la valeur de pénibilité d'un policier au bureau ou sur le terrain, ou celle d'un enseignant en classe ou dans l'administration. On verra la semaine prochaine si la ministre de l'Enseignement aura été rassurée par le ministre des Pensions.

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