Attentats: La France d'aujourd'hui est-elle la Belgique de demain ?

09/04/16 à 14:01 - Mise à jour à 14:00

Source: Le Vif/l'express

Auparavant présentée comme la "base arrière" d'attentats commis en France, la Belgique est désormais visée elle aussi par le terrorisme. Au-delà du Belgium bashing, qu'a-t-elle à apprendre de la République voisine ?

"Il n'y a, disait Michelet, jamais eu de Belgique, et il n'y en aura jamais." Le grand historien le voyait, ce pays qui n'existerait pas, comme un tache grise au nord-est de sa France éternelle, où les armées révolutionnaires, pensant libérer un peuple, "furent bien étonnées de tomber en plein Moyen Age, de retrouver les moines, les capucins, et autres telles espèces déjà presque oubliées en France, de voir les vieilles confréries sous leurs drapeaux gothiques, les vieilles bourgeoisies, ignorantes, bornées, ne connaissant que le clocher, encroûtées dans leurs préjugés et leurs habitudes, dans leurs estaminets, leur bière et leur sommeil; une seule force dans tout le pays, un clergé ignorant et grossier, et néanmoins très intrigant". La charge était pesante. Elle était partiellement fondée. Elle témoignait, surtout, d'un complexe aux éternels symptômes : celui de la France envers son petit voisin bigot. Celui de l'universelle patrie des droits de l'homme et ci-devant fille aînée de l'Eglise, devant un petit Etat bâtard, tampon grisâtre, où, comme l'ont posé nos confrères de La Libre dans un article qui a fait date, "rien n'est clair". Ce complexe, les Belges eux-mêmes l'ont avalé, digéré et excrété en autodérision, une autodérision si paradoxale qu'elle n'autorise personne d'autre que nous à se moquer de nous. Surtout pas les Français. Surtout pas après des attentats de masse. Surtout pas dans Charlie Hebdo. La Une de l'hebdomadaire à la satire prosélyte a choqué, chez nous, beaucoup de ceux qui avaient psalmodié d'entêtantes litanies de "Je suis Charlie". Ils avaient hurlé leur imprescriptible droit au blasphème, proclamé un inaliénable devoir de mauvais goût, et établi les vertus miraculeuses d'une absolue liberté d'expression. Et puis voilà qu'on -des Français, évidemment - se met à parodier notre chanteur favori alors que le Royaume est en deuil.
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