Attentats à Bruxelles - Les réponses antiterroristes de la Belgique inquiètent HRW sur le plan des droits humains

04/11/16 à 00:11 - Mise à jour à 00:13

Source: Belga

(Belga) L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a émis des craintes quant à plusieurs réponses de la Belgique aux attaques terroristes perpétrées à Paris et à Bruxelles, qui pourraient avoir des répercussions négatives sur les droits humains, dans un rapport rendu public vendredi. L'ONG pointe ainsi la mise à l'isolement prolongée des détenus accusés ou reconnus coupables d'actes en lien avec des activités terroristes, le déploiement prolongé de militaires dans les rues, les nouvelles lois de lutte contre le terrorisme parfois trop floues et des opérations policières avec un recours excessif à la force durant ces derniers mois.

Attentats à Bruxelles - Les réponses antiterroristes de la Belgique inquiètent HRW sur le plan des droits humains

Attentats à Bruxelles - Les réponses antiterroristes de la Belgique inquiètent HRW sur le plan des droits humains © BELGA

L'ONG a ainsi fait état de 26 incidents dans le cadre desquels la police a semblé faire preuve d'un comportement abusif ou discriminant lors d'opérations de lutte antiterroriste. Les personnes concernées ou leur avocat ont affirmé que les forces de l'ordre avaient utilisé des insultes comme "sale Arabe" et, dans dix des cas, avaient eu recours à une force excessive. A l'exception d'un suspect, tous étaient musulmans et tous, sauf deux, étaient d'origine nord-africaine. HRW estime qu'au moins six des lois et règlementations adoptées récemment par le gouvernement menacent les droits fondamentaux. Parmi celles-ci, la loi permettant de déchoir des binationaux de la nationalité belge pourrait laisser penser qu'il existe une couche de citoyens de "seconde zone" en lien avec leur origine ethnique ou leur religion. Dans son rapport, HRW dénonce la politique qui place à l'isolement pendant une longue période tous les prisonniers liés au terrorisme. Ils auraient été au nombre de 35 au moment de la rédaction du rapport. L'ONG pointe "un traitement cruel, inhumain et dégradant et pourrait s'apparenter à de la torture". Enfin, l'organisation indique que le déploiement de l'armée de manière prolongée dans un contexte de maintien de l'ordre civil n'est pas souhaitable. "Le rôle des soldats en temps de conflit est de neutraliser l'ennemi par le biais de moyens tels que la force meurtrière. Le rôle de la police, en revanche, consiste à limiter l'usage de la force au minimum nécessaire pour le maintien de l'ordre", pointe HRW, qui craint aussi que des mesures d'urgence deviennent permanentes. HRW recommande au gouvernement d'examiner les mesures antiterroristes prises ces derniers mois afin de supprimer toutes les formulations trop vagues et de garantir un contrôle judiciaire adéquat. Parmi les autres recommandations, elle appelle la Belgique à se doter d'une institution nationale des droits de l'Homme, à prendre des mesures afin de garantir l'indépendance du Comité P, à publier les résultats du rapport du gouvernement sur le profilage ethnique par la police et à mettre immédiatement fin à la politique de mise à l'isolement de longue durée des prisonniers détenus dans des affaires de terrorisme. (Belga)

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