Attaque chimique: Moscou veut "geler" le rapport de l'ONU qui accuse Damas

02/11/17 à 21:41 - Mise à jour à 21:42

Source: Belga

(Belga) La Russie a déposé jeudi au Conseil de sécurité un projet de résolution autorisant les experts en armes chimiques mandatés par l'ONU à poursuivre leurs enquêtes en Syrie à condition de revoir leur rapport qui concluait à l'implication de Damas dans l'attaque de Khan Cheikhoun.

Le mandat des experts de l'ONU et de l'OIAC (Organisation pour l'interdiction des armes chimiques) arrive à échéance le 16 novembre et sa prolongation a donné lieu à un affrontement entre les Etats-Unis et la Russie. Moscou a mis son veto à une résolution proposée par Washington, avant la publication du rapport sur Khan Cheikhoun, qui prolongeait ce mandat d'un an. Dans le projet de résolution russe diffusé aux 15 membres du Conseil de sécurité et obtenu par l'AFP, le mandat ne serait prolongé que pour six mois, éventuellement renouvelables. Le texte "exprime les regrets" du Conseil de voir que les experts de l'ONU et de l'OIAC "ne se sont pas rendus à Khan Cheikhoun, ni n'ont récupéré des échantillons environnementaux sur la base d'Al-Chaayrate" présumée impliquée dans l'attaque au gaz sarin, pour réaliser leur rapport. Le 4 avril 2017, cette attaque avait fait 83 morts selon l'ONU, au moins 87 dont plus de 30 enfants selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) dans cette ville alors contrôlée par des rebelles et des jihadistes. Le projet de texte russe enjoint le groupe d'experts appelé JIM "d'envoyer une équipe d'enquêteurs aussi vite que possible à Khan Cheikhoun" et "de renvoyer immédiatement une nouvelle équipe sur la base Al-Chaayrate pour y prélever des échantillons environnementaux". Dans l'intervalle, le projet de résolution russe impose au JIM "de geler ses conclusions" sur l'attaque de Khan Cheikhoun. Dans le rapport publié il y a une semaine, ces experts se disaient "convaincus que la République arabe syrienne était responsable de l'usage de sarin sur Khan Cheikhoun le 4 avril 2017". Le "scénario privilégié" est que "le gaz sarin a été propagé via une bombe aérienne lancée d'un avion", indique le rapport. La Russie, alliée de Damas, affirme que le sarin retrouvé à Khan Cheikhoun provient de l'explosion d'un obus au sol et non d'une attaque aérienne syrienne. (Belga)

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