Arrivé en Birmanie, le pape rencontre le chef de l'armée

27/11/17 à 13:21 - Mise à jour à 13:23

Source: Belga

(Belga) Accueilli par des milliers de Birmans, le pape François est arrivé lundi à Rangoun pour une visite délicate, qui a débuté avec une rencontre surprise avec le chef de l'armée, accusé de mener une "épuration ethnique" contre la minorité musulmane des Rohingyas.

Le général Min Aung Hlaing a eu la primeur d'une audience avec le pape en fin de journée à sa résidence: un ajout de dernière minute qui permet au puissant chef de l'armée de se positionner en interlocuteur de premier plan, en devançant la rencontre mardi avec la dirigeante civile et prix Nobel de la Paix, Aung San Suu Kyi. L'aura internationale de cette dernière a été fortement ternie par son manque d'empathie affiché pour les Rohingyas, qui sont plus de 620.000 à avoir fui depuis fin août au Bangladesh pour échapper à une campagne de répression de l'armée, qualifiée d'"épuration ethnique" par les Nations unies. Le général Min Aung Hlaing est accusé par les organisations de défense des droits de l'Homme d'être le principal responsable de cette campagne. Il s'est dit opposé au retour en masse des Rohingyas, malgré un accord en ce sens annoncé la semaine dernière entre les gouvernements birman et bangladais. La rencontre entre le pape et le général, "de courtoisie" selon Vatican, n'a duré qu'une quinzaine de minutes. "Ils ont parlé de la grande responsabilité des autorités du pays en cette période de transition", a prudemment commenté le Vatican. Le pape sait que ses déclarations concernant le sort de la minorité seront scrutées à la loupe lors de cette visite de quatre jours. Il n'a pas hésité à dénoncer à plusieurs reprises ces derniers mois le traitement réservé à ceux qu'il appelle ses "frères rohingyas", au risque de froisser la majorité bouddhiste de Birmanie. Les marges de man?uvre du pape sont toutefois étroites car "la grande majorité des gens en Birmanie ne croient pas au récit international des abus contre les Rohingyas et à un exode en grand nombre de réfugiés au Bangladesh", explique Richard Horsey, analyste indépendant basé en Birmanie. Selon lui, "si le pape venait à évoquer de façon appuyée le sujet, cela attiserait les tensions", ce que redoute la minorité catholique. (Belga)

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