Armée: pas de nouvelle fermeture de caserne, sauf en cas de coupure budgétaire

11/01/12 à 06:12 - Mise à jour à 06:12

Source: Le Vif

Le ministre de la Défense, Pieter De Crem, n'a pas l'intention de fermer de nouvelles casernes, sauf si le budget de son département est amputé de 75 millions d'euros, a-t-il indiqué aux organisations syndicales qu'il a rencontrées en ce début d'année et après avoir été reconduit dans ses fonctions dans le gouvernement Di Rupo 1er.

Armée: pas de nouvelle fermeture de caserne, sauf en cas de coupure budgétaire

© mil.be

Le ministre a rencontré séparément mardi les quatre organisations syndicales représentatives - la CGSP, la CSC Services Publics, le SLFP et la Centrale générale du Personnel militaire (CGPM, apolitique).

Seule la Centrale générale des Services publics (CGSP) a donné mardi soir des indications sur cette rencontre. "Il n'entre pas dans ses intentions de fermer d'autres casernes, que ce soit Spa (la garnison du 12ème/13ème bataillon de Ligne), Coxyde (la base aérienne), Stockem (Arlon, qui abrite des unités de la composante Terre) ou autres quartiers souvent cités", a indiqué la CGSP à l'agence BELGA à l'issue de l'entretien.

Le Conseil des ministres restreint a toutefois décidé vendredi, pour répondre aux préoccupations de la Commission européenne à propos du budget fédéral 2012, de geler 177 millions d'euros sur les quelque 2,6 milliards d'euros dont dispose la Défense cette année. Selon le chef de cabinet de M. De Crem, Ludwig Van der Veken, cité par la CGSP, l'arrivée de quatre des nouveaux hélicoptères NH90 en 2012 (sur les huit commandés) implique le paiement d'un montant de 102 millions d'euros. Cette somme devrait être débloquée sans problème.

Mais si les 75 millions d'euros restants sont confisqués - ce qui n'est pas à exclure -, M. De Crem (CD&V) ne pourra pas tenir son engagement de ne pas fermer de quartiers supplémentaires, a ajouté le syndicat socialiste.

Toujours selon la même source, le ministère de la Défense compte recruter quelque 1.500 militaires en 2012, afin de poursuivre le rajeunissement de son personnel, mais limiter - pour cause de disette bugdétaire - les investissements au cours de cette année. Il a ainsi affirmé qu'il ne comptait "pas lancer de grands dossiers d'investissements", en raison de la conjoncture actuelle, a poursuivi le syndicat socialiste.

Des dossiers de renouvellement de matériels vieillissants, comme les frégates, chasseurs de mines et autres chasseurs F-16 attendront donc des jours meilleurs. Le programme BEST ("Belgian Transformation Soldier"), visant à améliorer l'équipement individuel du soldat en renforçant sa protection et son efficacité, notamment grâce à l'emploi de systèmes de communications des plus modernes et mené en coopération avec les Pays-Las et le Luxembourg, "reste une priorité absolue", a ajouté M. De Crem.

Le programme BEST vise à acquérir de nouvelles vestes intelligentes (ou "Smartvest") modulaires, qui doivent permettre à chaque soldat de communiquer directement avec ses collègues motorisés, de faire connaître sa position auprès des troupes amies via un système GPS et d'obtenir par le biais d'un écran tactile toutes sortes de données comme la position d'autres militaires ou des cartes numériques. Les militaires pourront aussi introduire des informations comme des messages courts ou des schémas de scènes tactiques en utilisant des techniques C4I (Command, Control, Communications, Computers and Intelligence).

Selon M. De Crem, 80 millions d'euros seront consacrés aux "petits investissements" en 2012. En matière de recrutement, la Défense veut garder son objectif de 1.500 nouveaux candidats en 2012 - soit 300 de moins que prévu en mai dernier par le ministre, a ajouté la CGSP.

La Défense a réussi à réduire, plus tôt que prévu, ses effectifs sous le seuil des 34.000 personnes - militaires et civils -, même si une nouvelle diminution se profile, en application de la déclaration gouvernementale de l'équipe Di Rupo. Le département comptait ainsi quelque 33.800 personnes au 1er janvier. Mais la déclaration gouvernementale prévoit une armée de 32.000 personnes (30.000 militaires et 2.000 civils) à l'horizon 2015.

LeVif.be, avec Belga.

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