Arco: "Il faut des actions concrètes"

17/10/16 à 12:16 - Mise à jour à 12:16

Source: Belga

Deminor espère que la volonté du gouvernement de régler en 2017 le dossier Arco se traduira en actions concrètes, "contrairement aux précédentes" déclarations de l'exécutif fédéral, réagit lundi le cabinet de conseil pour investisseurs. Il qualifie toutefois cette annonce de "pas dans la bonne direction".

Arco: "Il faut des actions concrètes"

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Arco était le bras financier du mouvement ouvrier chrétien (MOC en français, ACW en néerlandais). Le groupe coopératif est en liquidation depuis décembre 2011 et la débâcle de Dexia dont il était l'un des principaux actionnaires. Plus de 780.000 coopérateurs, en majorité flamands, ont été touchés.

Le Premier ministre Charles Michel a annoncé dimanche, lors de son discours de politique générale, qu'un plan serait élaboré sous l'égide du ministre des Finances et qu'un groupe de travail serait mis sur pied. L'"exécution opérationnelle" commencera, quant à elle, en 2017. Il a cependant précisé lundi qu'aucun accord n'avait encore été conclu sur les modalités pratiques du règlement du dossier et que son gouvernement souhaitait prendre des décisions dans les semaines et mois à venir.

Jusqu'à présent, l'exécutif fédéral avançait qu'un règlement ne pourrait être discuté qu'à l'issue des procédures judiciaires en cours, alors que Deminor plaide depuis 2013 pour une solution à l'amiable "vu que la garantie d'État ne sera probablement jamais effective et que les procédures judiciaires, qu'elles soient belges ou européennes, peuvent encore durer des années".

En octobre 2011, les coopérateurs d'Arco avaient obtenu du gouvernement Leterme une garantie publique de 100.000 euros, au grand dam des autres actionnaires de Dexia, qui avaient vu leur investissement s'évaporer. La Commission européenne avait cependant estimé en 2014 que cette initiative constituait une aide indirecte et illégale de l'État, puisque les coopérateurs ne sont pas des épargnants mais des actionnaires.

Deminor a, de son côté, intenté une procédure devant le tribunal de commerce de Bruxelles contre plusieurs sociétés du groupe Arco et Belfius. L'objectif de cette action est d'obtenir une compensation des pertes subies par les plus de 2.000 coopérateurs qu'elle représente.

"Vu la complexité du dossier, un règlement doit être préparé avec soin afin de ne pas répéter les problèmes juridiques du passé", insiste la société de conseils.

L'avocat Geert Lenssens, qui représente environ 1.000 coopérateurs, s'est, lui, montré davantage négatif par rapport à l'annonce de Charles Michel. "On parle d'un nouveau départ, mais je ne vois pas d'évolution. C'est encore vague. Les coopérateurs d'Arco sont devenus une marchandise politique", a-t-il réagi dimanche, demandant en outre à être reconnu comme partenaire dans les discussions.

"Initialement, il avait été annoncé que les coopérateurs récupèreraient 100% de leur argent. Maintenant on parle d'un remboursement partiel", a déploré celui qui appelle désormais le gouvernement à ne communiquer que s'il a quelque chose de concret à annoncer.

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