Michel Delwiche
Michel Delwiche
Journaliste
Opinion

24/01/13 à 12:44 - Mise à jour à 12:44

Arcelor-Mittal : la trahison

Ils avaient raison d'être pessimistes les syndicats de la sidérurgie liégeoise, qui ont mené diverses actions tout au long de l'année dernière avant de consentir fin novembre à un pré-accord social sur le départ des 800 travailleurs de la phase à chaud, après la condamnation des haut-fourneaux.

Arcelor-Mittal : la trahison

© Image Globe

Aussitôt après, la direction d'Arcelor-Mittal confirmait son intention d'investir près de 140 millions dans la phase à froid. Début de cette semaine toutefois, les syndicats conditionnaient la signature du plan social à la présentation d'un véritable plan industriel pour garantir l'avenir du bassin, des 2.000 emplois directs restants, des 4.000 emplois indirects et réclamaient la tenue d'une tripartite avec le ministre wallon de l'Economie Jean-Claude Marcourt.

Ils avaient raison d'être pessimistes puisque ce matin, la direction a annoncé la suppression de 1.300 emplois de plus, cette fois dans les usines du froid, à Tilleur, Flémalle ou Marchin (Huy) présentées comme l'avenir de la sidérurgie, avec ses aciers spéciaux, les tôles anticorrosion ou pré-peintes, la technique de revêtement par plasma sous vide pour des surfaces antibactériennes ou autonettoyantes. Seuls 800 emplois devraient être conservés, a annoncé ce matin la direction, qui évoque la crise et la chute de la commande d'acier, et demande aux syndicats d'entrer "dans un dialogue constructif" pour garantir l'avenir des outils restants.

Un jeu de dupes, encore une fois, réagissent les syndicats, qui ont lancé un appel à la grève pour tous les sites. Ils interpellent le monde politique, qui va devoir expliquer son incapacité à réagir. Même si la Région wallonne est toujours propriétaire de quelques malheureux pour cent, elle ne dispose pour seule arme que de l'obligation qui pourrait être faite à Mittal de dépolluer les sites abandonnés, ce qui lui coûterait une fortune... si du moins il s'exécutait.

Quoi qu'il en soit, les organisations de travailleurs ne se contenteront certainement pas d'attendre sans broncher la prochaine mauvaise nouvelle. Attention au désespoir et à la colère...

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