Appel à l'unité du Dalaï-Lama et des représentants des cultes lors d'un débat à l'UCL

12/09/16 à 18:08 - Mise à jour à 18:08

Source: Belga

(Belga) Le Dalaï-Lama, l'archevêque de Malines-Bruxelles Jozeph De Kesel, le président de l'Exécutif des Musulmans de Belgique Salah Echallaoui, le président de l'Eglise protestante unie de Belgique Steven Fuite, et le grand Rabbin de Belgique Albert Guigui ont tenu lundi matin une rencontre interconfessionnelle à l'Université catholique de Louvain (UCL), sur le site de Woluwe-Saint-Lambert.

Appel à l'unité du Dalaï-Lama et des représentants des cultes lors d'un débat à l'UCL

Appel à l'unité du Dalaï-Lama et des représentants des cultes lors d'un débat à l'UCL © BELGA

Lors de cette rencontre qui témoigne du développement du dialogue interreligieux actuel, chacun a commencé par appeler à la paix et au respect des différences inhérentes aux hommes. Le Dalaï-Lama a souligné la pertinence de l'unité de l'humanité dans le monde global et interdépendant du 21ème siècle. Les différences entre religions relèvent selon lui des caractéristiques historiques des cultures dans lesquelles elles sont nées, ce qui explique que les traditions se sont dès lors mêlées au religieux. Il souligne qu'elles partagent par contre le même objectif, à savoir élever l'humanité. "On voit depuis quelques années en Europe comme en Belgique des replis identitaires, en politique aussi", a souligné Steven Fuite. "Notre lutte commune est d'aller contre cela. Personne n'a intérêt à glorifier une identité absolue." Des élèves bruxellois du secondaire avaient préparé plusieurs questions. Concernant celle sur la dévastation des guerres, le Dalaï-Lama a prôné l'éducation aux valeurs intérieures dans la société matérialiste d'aujourd'hui : "La nature humaine a plus de prédispositions pour la compassion. Donc, il y a de l'espoir. Jeunes étudiants, vous ne devez pas seulement penser avec vos cerveaux, mais aussi avec vos coeurs." Salah Echallaoui a condamné Daech et sa barbarie au nom de l'islam : "Quand on regarde le parcours des terroristes arrêtés ici en Europe, ils ont tout fréquenté sauf les lieux de culte : les prisons, la délinquance, le trafic de drogues et d'armes... La personne en crise d'identité se radicalise et utilise la religion pour légitimer un combat qui n'a rien de religieux." Si sur la question de l'égalité des genres, Jozeph De Kesel et Albert Guigui se sont surtout limités à citer des responsabilités subalternes accordées aux femmes, Salah Echallaoui a été plus direct : "Sur le fond, il n'y a pas de problème : l'islam prône l'égalité hommes/femmes dans les droits. Mais, malheureusement, le poids culturel pèse beaucoup et cela se confond parfois avec les croyances. Nous avons des femmes prédicatrices, mais elles n'ont pas encore accès à la fonction d'imam. Mais, cela se discute dans certains endroits, aux Etats-Unis ou aux Pays-Bas." Sur la question de la religion, tous ont affirmé que la raison, qui s'intéresse au le comment de la vie, et les croyances, qui se questionnent sur le pourquoi, doivent avancer ensemble. (Belga)

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