Amnesty lance une centaine de ballons dans l'enceinte de l'ambassade russe

11/06/18 à 14:30 - Mise à jour à 14:32

Source: Belga

(Belga) A trois jours du lancement de la Coupe du monde 2018, une équipe de 11 footballeurs d'Amnesty International ont lancé lundi en fin de matinée, par-dessus la clôture de l'ambassade de Russie à Uccle, une centaine de ballons jaunes portant l'inscription "Justice4Oyub", en référence à Oyub Titiev, directeur du bureau tchétchène de l'ONG russe de défense des droits humains Memorial, détenu arbitrairement depuis janvier.

Sur le maillot de chacun des membres de l'équipe était indiqué le nom d'un défenseur des droits humains en danger, chacun originaire de l'une des onze villes d'accueil de la Coupe du monde. Sollicités par les militants à l'interphone, les représentants de l'ambassade ont refusé de prendre les ballons de football. Les joueurs les ont en conséquence lancés par-dessus la grille d'entrée. Cette action vise à dénoncer les violences et les manoeuvres d'intimidation à l'encontre des personnes qui critiquent la politique russe, comme les défenseurs des droits humains et les journalistes indépendants, ainsi que le défaut fréquent d'enquêtes ou de poursuites. "L'arrestation d'Oyub Titiev, justifiée par des accusations absurdes, illustre parfaitement la répression croissante que subissent des dizaines de défenseurs des droits humains en Russie", estime Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d'Amnesty International. "Aujourd'hui, nous avons décidé de donner un carton rouge à l'ambassade." Amnesty International se réjouit que la FIFA ait exprimé sa préoccupation au sujet de la situation d'Oyub Titiev et estime que la Fédération internationale dispose d'une occasion unique d'influencer les autorités russes. Une pétition, accessible à l'adresse web amnesty.be/petitionrussie18, a été lancée ce lundi. Elle sera remise aux autorités russes à la fin de la Coupe du monde. L'ONG Memorial mène principalement des recherches sur les crimes commis par le gouvernement dans le nord du Caucase. Oyub Titiev avait volé un dossier sur 27 hommes tchétchènes qui auraient été enlevés et fusillés par la police en janvier 2017. Le 9 janvier 2018, il a été arrêté et accusé à tort de possession de drogue. Il a été contraint à des aveux forcés et risque toujours d'être torturé. Il est actuellement en détention provisoire en attendant son procès. Oyub risque jusqu'à dix ans de prison. (Belga)

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