Amnesty demande à la Grèce de respecter le jugement sur la libre circulation des réfugiés

19/04/18 à 17:59 - Mise à jour à 18:00

Source: Belga

(Belga) La section grecque d'Amnesty International et une autre ONG, SolidarityNow, ont appelé jeudi le gouvernement grec à respecter la décision de justice autorisant les nouveaux demandeurs d'asile à quitter les îles en mer Egée où sont confinées des milliers de personnes.

Cet appel intervient après la décision du Conseil d'Etat, cour suprême administrative, ayant statué que tout nouveau demandeur d'asile peut désormais quitter les îles et venir sur le continent. "La décision judiciaire confirme ce que les ONG et les mouvements des droits de l'Homme avaient indiqué dès le début: le séjour forcé des demandeurs d'asile sur les îles, souvent dans des conditions misérables, est injuste", a déclaré le président d'Amnesty-Grèce, Gabriel Sakellaridis. Depuis le pacte signé en mars 2016 entre l'Union européenne et la Turquie, qui a de fait nettement limité le flux migratoire vers l'UE après le vaste exode de 2015, les personnes arrivant sur les îles comme Lesbos ou Samos par petits bateaux depuis la Turquie toute proche sont contraintes d'y rester en attendant l'examen de la demande d'asile qu'elles déposent en grand nombre. La procédure est lente, ce qui entraîne la surpopulation des structures destinées aux réfugiés et nourrit tensions et rixes. M. Sakellaridis a appelé les autorités grecques "à respecter la décision judiciaire et transférer sur le continent les demandeurs d'asile qui arrivent sur les îles". Amnesty a toutefois déploré la non rétroactivité de cette décision, SolidarityNow soulignant que "la restriction géographique continuera à s'appliquer à plus de 13.000 demandeurs d'asile résidant actuellement sur les îles". Tout demandeur d'asile arrivé "avant ce jugement doit également être transféré sur le continent pour avoir accès à des conditions d'accueil dignes", a estimé M. Sakellaridis. Il critique "la responsabilité disproportionnée de la gestion de la crise des réfugiés, qui pèse sur les îles". "Les politiques européennes qui veulent +dissimuler+ les réfugiés soit en Grèce soit dans des pays tiers sont inacceptables et doivent être arrêtées", conclut-il. Le gouvernement grec n'a pas pour le moment appliqué la décision de justice, soulignant qu'il l'examinait. (Belga)

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