Amnesty accuse l'armée nigériane d'avoir abattu des manifestants non armés

10/06/16 à 04:17 - Mise à jour à 04:17

Source: Belga

(Belga) Amnesty International a accusé vendredi les forces de l'ordre nigérianes d'avoir abattu des militants indépendantistes non armés avant et pendant une manifestation marquant l'anniversaire du début de la guerre civile du Biafra.

Selon la police, 10 personnes ont été tuées --cinq dans la ville d'Onitsha, dans l'Etat d'Anambra, et cinq dans la ville d'Asaba, dans l'Etat voisin de Delta, dans le sud-est du Nigeria -- au cours de violences liées à ces commémorations, lundi 30 mai. Le mouvement Peuple indigène du Biafra (IPOB), un groupe indépendantiste à l'origine de ces commémorations, soutient de son côté qu'au moins 35 de ses membres ont été tués à Onitsha. Au cours de visites dans des hôpitaux et des morgues, Amnesty a établi un bilan de 17 morts et 50 blessés à Onitsha, mais "le chiffre réel est sans doute plus important", prévient l'organisation de défense des droits de l'homme dans un communiqué. Certains des morts et des blessés ont été atteints par balle dans le dos, ce qui indiquer qu'ils étaient en train de fuir quand ils ont été touchés, précise Amnesty. "Ouvrir le feu sur des sympathisants de l'IPOB qui ne représentaient une menace pour personne est un usage scandaleux, excessif et inutile de la force", a estimé le directeur d'Amnesty pour le Nigeria, MK Ibrahim. Une personne a même été tuée dans son sommeil, a-t-il ajouté. L'IPOB a organisé de nombreuses manifestations à travers le sud-est du Nigeria depuis l'arrestation de son chef, Nnamdi Kanu, en octobre, pour "trahison". Il est toujours en détention, dans l'attente d'un procès. Lors des manifestations organisées le 30 mai, les sympathisants de l'IPOB célébraient le 49e anniversaire de la déclaration d'indépendance du Biafra, qui a conduit à cette guerre dans laquelle près d'un million de personnes ont péri en trois ans. (Belga)

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