Affrontement entre Di Rupo et la N-VA

23/04/14 à 13:42 - Mise à jour à 13:42

Source: Le Vif

Le Premier ministre Elio Di Rupo a affiché mercredi une feuille blanche à l'adresse des députés N-VA dont il a ainsi illustré le bilan alors que ceux-ci venaient de dénoncer l'incapacité de la majorité à réformer le pays.

Affrontement entre Di Rupo et la N-VA

© Image Globe

La discussion sur la déclaration de révision de la Constitution a tourné au débat électoral, Elio Di Rupo sortant de ses gonds pour dénoncer le discours de la N-VA, entièrement centré, selon lui, sur l'affrontement communautaire entre deux groupes soi-disant homogènes, une vision datant du "Moyen-Age". C'est comme si "tout est question de langues et d'ethnies", comme si "une communauté devait absolument dominer l'autre" alors que, a-t-il assuré, jamais les choses ne se sont produites de la sorte en deux ans et demi de gouvernement, et même pas sur le choix ou non de retenir l'article 195 de la Constitution.

Le vice-président des nationalistes, Ben Weyts venait d'égratigner le projet de déclaration "minimaliste" du gouvernement, y voyant une preuve supplémentaire de l'incapacité de la minorité flamande à réformer le pays face au "diktat" francophone.

L'accusant de "tromper les Flamands", le chef du gouvernement a tenté de démonter l'argumentaire nationaliste. Il y a eu "47 modifications constitutionnelles" dans le cadre de la sixième réforme de l'Etat, plus que durant les législatures précédentes, plus qu'à l'occasion des réformes de l'Etat précédentes, a-t-il souligné en Commission de la Chambre. Il y a eu "1.130 pages" de textes de réformes, a-t-il insisté, brandissant à nouveau la page blanche à l'adresse de la N-VA. La déclaration se concentre dès lors sur les droits et libertés fondamentaux, d'autres chantiers pouvant être ouverts au Sénat, désormais chambre de réflexion, lieu de rencontre entre Communautés et Régions, a rappelé le Premier ministre.

"Quel blocage francophone? Il y avait une large liste (d'articles) dont le 195" en 2010, a rappelé Elio Di Rupo. "La N-VA a alors fait campagne sur le mode 'durven veranderen' et vous avez reçu un mandat de l'électeur. Et qu'avez-vous fait? Rien, niks, nada. Une feuille blanche. Alors, aujourd'hui, vous revenez avec la même litanie. Tactiquement, la N-VA essaie de faire comme si le changement n'avait pas eu lieu afin de pouvoir annoncer le changement", a relevé le Premier ministre.
Paraphrasant Sacha Guitry, il a comparé les élus nationalistes aux eunuques dans un harem car comme eux "vous savez comment cela se passe, vous savez où cela se passe mais vous ne pouvez pas le faire vous-mêmes". Preuve de cette incapacité, selon Elio Di Rupo, le rejet par la N-VA des dernières réformes de l'Etat y compris par Geert Bourgeois en 2001, lui-même qui doit pourtant aujourd'hui son poste de ministre flamand des Affaires intérieures aux autres partis, y compris francophones.

Pas impressionné, Ben Weyts a poursuivi le raisonnement de son interlocuteur. "Qui suis-je pour dire que rien n'a été fait? Vous avez réussi à imposer le modèle PS, celui du Boulevard de l'Empereur, sans changement comparable aux pays voisins, avec une hausse des dépenses publiques, de la fiscalité, et une réforme de l'Etat chère et inefficace", a-t-il dit.

"Vous trompez les Flamands", a rétorqué Elio Di Rupo engagé avec le député N-VA dans une partie de ping-pong. "La Belgique est un des pays qui a le mieux résisté à la crise, avec un taux de croissance supérieur aux Pays-Bas et à la France, un déficit budgétaire inférieur à la France, aux Pays-Bas et à la Grande-Bretagne; un des rares pays à avoir diminué les inégalités", a-t-il argumenté.

Le président statutaire du PS a également reproché à la N-VA de limiter l'enjeu du 25 mai à une confrontation avec le Boulevard de l'Empereur. "A part à Bruxelles, aucun néerlandophone ne pourra voter pour le PS. Vous devez débattre avec vos contradicteurs, le CD&V, l'Open Vld, le sp.a et Groen et pas faire croire que vous vous battez contre les méchants francophones et les socialistes".
Cette diatribe n'a pas convaincu son opposant, le député Ben Weyts confirmant que le 25 mai sera l'heure du choix "entre le modèle PS et le modèle N-VA".

Nos partenaires