Affaire monégasque: l'homme d'affaires Pierre Salik inculpé, les 6 suspects remis en liberté

22/11/16 à 12:31 - Mise à jour à 19:48

Source: Belga

Dans le cadre du dossier de corruption ouvert au parquet fédéral à la suite d'une dénonciation officielle des autorités judiciaires monégasques, les six personnes interpellées lundi ont toutes été remises en liberté après audition circonstanciée.

Affaire monégasque: l'homme d'affaires Pierre Salik inculpé, les 6 suspects remis en liberté

Monte Carlo, Monaco © iStockphoto

Parmi elles, le magistrat instructeur a inculpé le nommé Pierre S., né en 1930, du chef de corruption active d'agents publics étrangers. Ce dernier a été remis en liberté moyennant le respect de strictes conditions.

De très importantes sommes d'argent liquide ont été trouvées et placées sous scellés. Il sera procédé dans les plus brefs délais à un comptage automatisé de celles-ci.

L'enquête se poursuit activement et aucune autre information ne peut être communiquée à ce stade, a précisé le parquet.

Selon le Nieuwsblad, l'inculpé est le dénommé Pierre Salik (86 ans), un homme d'affaire belge dont la fortune familiale a été construite dans la production de jeans.

Pour rappel, l'affaire concerne l'obtention de cartes de résident monégasque contre rétribution. La corruption présumée est le fait de personnes dont la résidence officielle est en Belgique. Elle vise à bénéficier d'avantages fiscaux.

"Tous les faits (de corruption à Monaco) sont contestés", a déclaré son avocat Jean-Philippe Mayence, dont le client avait été interpellé lundi.

"Consternation" et "tristesse"

Le parquet monégasque a exprimé "consternation et tristesse car l'image de la sûreté publique pâtira de cette situation" après la révélation du scandale de résidence fictive monnayée sous le manteau par des retraités de la sûreté publique à un magnat du textile belge. "Comme tous les autres États du monde, Monaco n'est pas à l'abri de la corruption de certains", a-t-il regretté, alors que c'est la première fois que la Principauté de Monaco est éclaboussée par une telle affaire.

"Il ne s'agit que de faits limités à quelques titres de résidence, bénéficiant à une famille de l'Union européenne et accordés voilà plusieurs années par des fonctionnaires aujourd'hui en retraite, jusqu'ici considérés comme au-dessus de tout soupçon", a souligné le parquet.

Si l'affaire a surpris à Monaco, où une réorganisation des services concernés a été annoncée, en Belgique, le nom du principal suspect avait déjà été cité, dans l'affaire Swissleaks notamment. En 2015, le roi du jean avait été cité comme étant l'un des quelque 3.000 Belges dont le nom apparaissait sur des listes de clients de la filiale suisse de la banque HSBC.

A Monaco, l'enquête se poursuit aussi avec des perquisitions et des gardes à vue, dont le parquet n'a pas divulgué le nombre.

Un policier à la retraite est suspecté d'avoir arrondi ses revenus depuis des années, avec l'aide, "probable" selon le parquet, de deux autres fonctionnaires de la sûreté publique.

Pour maquiller l'absence des suspects belges de la Principauté, les logements qu'ils louaient étaient sous-loués, ce qui est strictement interdit à Monaco, mais a pu se faire grâce à l'aide d'une agence immobilière, selon le parquet monégasque.

Résident

Le statut de résident à Monaco (30.000 personnes environ en bénéficient pour 9.000 Monégasques) s'obtient sous conditions strictes. Il permet ne pas payer d'impôt, sauf pour les Français, soumis à des accords bilatéraux, et pour les Américains, assujettis à la fiscalité du pays de résidence.

Le statut est aussi un avantage auprès des autorités bancaires de nombreux endroits du globe car il est bien vu d'être résident monégasque, souligne un connaisseur. Il faut impérativement être résident pour avoir un compte en banque à Monaco, utile pour faire éventuellement transiter des revenus en provenance de l'étranger hors UE.

A Monaco, l'information judiciaire contre X a été ouverte pour "trafic d'influence", "corruption", "faux et usage de faux", abus de confiance mais aussi "blanchiment". Le juge d'instruction avait été saisi en toute discrétion il y a déjà trois semaines.

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