Adieu européen pour le ministre Wolfgang Schäuble, l'homme de fer de Berlin

09/10/17 à 15:29 - Mise à jour à 15:30

Source: Belga

(Belga) Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble participe lundi à son dernier Eurogroupe, institution européenne dont ce vétéran de la politique, ultra-populaire dans son pays et très respecté à Bruxelles, était le membre le plus influent.

Ce fidèle de la chancelière Angela Merkel, même s'ils n'étaient pas toujours d'accord, s'apprête, à 75 ans, à prendre la présidence du Bundestag, le Parlement allemand, après avoir tenu les Finances d'une main de fer pendant huit ans. Figure du parti démocrate-chrétien (CDU), Wolfgang Schäuble a oeuvré sans relâche pour maintenir l'intégrité de la zone euro pendant la crise financière, aux dépens d'une santé fragilisée par un attentat perpétré par un déséquilibré, qui le cloue dans un fauteuil roulant depuis 1990. Parmi les 19 ministres de la zone euro, l'Eurogroupe, il était de loin le plus ancien, le seul à pouvoir se targuer d'avoir connu l'ensemble la crise de la dette grecque, au cours de laquelle cet europhile convaincu a parfois endossé un costume de "père fouettard". Son départ constitue "un bouleversement pour l'Eurogroupe", a estimé le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, qui participe lui aussi à ces réunions ministérielles. "Quel que soit son remplaçant, il y aura un avant et un après." Direct, obstiné et belliqueux, ne mâchant pas ses mots, la moindre de ses déclarations était guettée par l'Eurogroupe, où rien ne se décide sans l'assentiment allemand. "Il va nous manquer", a reconnu le ministre belge des Finances, Johan Van Overtveldt, estimant que M. Schäuble était aussi un homme toujours prêt à faire des compromis, "ce qui est moins connu". Au plus fort de la crise grecque, en 2015, le puissant ministre, intraitable tout au long des tractations pour sauver la Grèce, était allé jusqu'à prôner une sortie temporaire du pays de la zone euro, ce qui lui vaut encore de solides inimitiés à Athènes. Son départ va entraîner une redistribution des cartes au sein de l'Eurogroupe, d'autant plus que son président actuel, Jeroen Dijsselbloem, souvent sur la même ligne, devrait lui aussi quitter son poste prochainement. Le Néerlandais souhaite céder sa place en janvier, à la fin de son mandat, mais la formation d'une nouvelle coalition sans sa formation politique aux Pays-Bas pourrait contrarier ses plans. (Belga)

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