Accord en vue d'un gouvernement d'union en Tunisie

13/07/16 à 17:47 - Mise à jour à 17:47

Source: Belga

(Belga) Un accord ouvrant la voie à la formation d'un gouvernement d'union en Tunisie a été signé mercredi au palais présidentiel de Carthage, en l'absence du Premier ministre Habib Essid, en rupture avec le chef de l'Etat et dont le sort semble scellé.

Accord en vue d'un gouvernement d'union en Tunisie

Accord en vue d'un gouvernement d'union en Tunisie © BELGA

Intitulé "accord de Carthage", ce document, signé par plusieurs formations politiques mais aussi le patronat Utica et le syndicat UGTT, entre autres, brosse un sombre tableau du pays à la fois sur les fronts économiques, sociaux et sécuritaires. Il intervient après plus d'un mois de pourparlers sous l'égide du président Béji Caïd Essebsi, auteur d'un appel surprise le 2 juin en faveur d'un "gouvernement d'union nationale". Les signataires de l'accord de Carthage doivent désormais s'entendre, dans un délai non précisé, sur la composition d'un tel gouvernement et l'identité du Premier ministre, ce qui pourrait nécessiter plusieurs semaines. L'initiative de M. Caïd Essebsi "a reçu un large soutien" et les priorités adoptées "font l'objet d'un consensus de la part de toutes les parties prenantes", a toutefois assuré la présidence de la République. Au cours du mois écoulé, des partis d'opposition comme le Front populaire (gauche) et "Al Irada" --la formation de l'ancien président Moncef Marzouki-- ont rejeté l'initiative. Mais la situation du pays la justifie pleinement, ont insisté les services du chef de l'Etat. La Tunisie est "entrée dans une étape critique avec la détérioration de la plupart des indicateurs économiques et la menace croissante du terrorisme", ont-ils souligné, estimant que "l'étape écoulée" avait "vu une hausse du taux de chômage, un recul des indicateurs de développement et la propagation de la corruption et de la contrebande". Si elle a réussi sa transition politique née de la révolution de 2011, la Tunisie, unique rescapée des Printemps arabes, n'est pas encore parvenue à relancer son économie. Elle a en outre été frappée depuis l'an dernier par une série d'attaques djihadistes sanglantes. En présentant son initiative le 2 juin, M. Caïd Essebsi n'avait pas écarté un maintien du Premier ministre Habib Essid. Mais la rupture semble consommée, et M. Essid, un indépendant, était absent de la cérémonie de mercredi. Alors qu'il dit ne pas vouloir démissionner, son départ pourrait prendre du temps, la Constitution exigeant un vote en ce sens au Parlement. (Belga)

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