8 idées pour désengorger Bruxelles

21/12/13 à 12:32 - Mise à jour à 12:32

Source: Le Vif

Chaque jour, la capitale absorbe plus de 225.000 voitures de navetteurs, auxquelles s'ajoutent les 175.000 véhicules de ses habitants. Même si son désengorgement passera inévitablement par une solution globale incluant transports en commun et individuels, différentes idées se sont démarquées ces dernières années par leur réalisme, leur ampleur ou... leur caractère farfelu.

8 idées pour désengorger Bruxelles

© Image Globe

La solution payante : le péage urbain

Tout droit inspiré de ce qui se fait à Londres, le péage urbain consisterait à faire payer aux automobilistes leur circulation dans Bruxelles. Encensé par certains, décrié par d'autres, le procédé devrait être testé dans la capitale et dans toute la zone du RER dans le courant de l'année 2014. Le système choisi est celui d'un péage "intelligent" dont le coût varierait selon l'heure, les axes empruntés et le type de véhicule. Ce genre de distinction pourrait être rendue possible grâce à l'utilisation d'un boitier spécifique avec GPS. Le projet se veut donc dissuasif pour les automobilistes, mais il ne saurait être réellement efficace qu'avec une offre de transports en commun adaptée à côté...

La solution inédite : le Waterbus

Cet été, Bruxelles a décidé d'utiliser son canal comme moyen de transport à l'aide du Waterbus, un bateau reliant la ville à Laeken et Vilvoorde. Si cette solution alternative a été plébiscitée par les navetteurs, elle reste néanmoins peu flexible au niveau des horaires, de sa capacité (maximum 90 passagers) et de ses destinations, dès lors que le canal n'irrigue pas toute la capitale.

La solution astucieuse : le REB

Pour pallier au manque de transports en commun, Ecolo a imaginé le REB, "Réseau express bruxellois". Ce réseau exploiterait les 29 gares bruxelloises et leur 162 km de lignes ferrées, que le parti juge actuellement sous-exploitées. Dans un premier temps, le REB se contenterait des lignes existantes et pourrait utiliser le matériel roulant du futur RER, qui est actuellement stocké dans des dépôts. La deuxième phase du projet réclamerait des investissements pour créer de nouvelles stations. Le projet se veut rapide à mettre en place, mais il reste à voir si la cohabitation avec la SNCB sur ses propres lignes est possible.

La solution qu'on n'attend plus : le RER

Accusant des années et des années de retard, le RER apparaît désormais plus comme une utopie que comme une véritable solution de mobilité. On annonce désormais sa mise en service pour le début des années 2020 mais un retard supplémentaire n'est pas exclus... L'objectif du RER est d'amener rapidement les travailleurs de la périphérie vers Bruxelles grâce à un réseau de gares dense et des navettes fréquentes.

La solution radicale : la prime "Bruxell'air"

Pour encourager ses habitants à utiliser les transports en commun, la capitale et la Stib offrent des primes à ceux qui rendent leur plaque d'immatriculation ou, plus radical, font détruire leur voiture polluante. La prime peut prendre la forme d'un abonnement aux transports en commun, d'une aide pour l'achat d'un vélo, d'un abonnement au système Cambio... Pour en bénéficier, il faut être domicilié dans l'une des 19 communes.

La solution conviviale : les bandes pour covoitureurs

En plus d'être trop nombreuses, la plupart des voitures qui rentrent dans Bruxelles sont sous-occupées. Encourager le covoiturage pourrait donc permettre de réduire le nombre de véhicules en circulation. Pour ce faire, Bruxelles pourrait s'inspirer de l'Amérique du Nord en réservant des bandes aux voitures occupées par plusieurs personnes. Les véhicules comptant plus de trois passagers pourraient par exemple emprunter les voies réservées aux bus et taxis, qui sont généralement peu fréquentées. L'idée a été émise mais pas (encore) reprise.

La solution anti-écologique : l'élargissement du Ring

Le Gouvernement flamand voudrait commencer dès 2016 de gros travaux d'élargissement du Ring entre Zaventem et Grand Bigard, l'une des zones les plus embouteillées de la capitale. Le réseau routier pourrait ainsi passer de 4-6 bandes à 8-10 bandes, mais les autorités préfèrent parler d'optimisation plutôt que d'élargissement pur. A certains endroits, la circulation pourrait se faire sur deux niveaux grâce à la création de tunnels et de viaducs. Mais le projet ne prévoit pas d'agrandissement pour le viaduc de Vilvoorde, qui pourrait dès lors devenir un goulot. Et il provoque une levée de boucliers.

La solution mixte : les parkings de délestage

Souvent réclamés par le MR, des parkings supplémentaires de délestage aux abords de Bruxelles pourraient réduire le nombre de voitures en ville et limiter les problèmes de stationnement. Cependant, il faudrait de très gros investissements pour augmenter de manière significative les capacités de parking en dehors de la ville. De plus, pour être réellement efficaces, ces espaces de stationnement doivent idéalement se trouver à proximité des transports en commun.

Marie-Eve Rebts

Dans Le Vif/L'Express de cette semaine, le dossier "Mobilité à Bruxelles". Avec les dix projets de création ou de prolongation de lignes de tram en Région bruxelloise, portés par le Stib ou De Lijn.

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