Salon de l'Auto 2016 : les carburants alternatifs

13/01/16 à 16:04 - Mise à jour à 16:04

Source: Belga

Choisir une nouvelle auto, oui, mais quel carburant ? Une décision de plus en plus complexe. Petit tour des solutions existantes...

Salon de l'Auto 2016 : les carburants alternatifs

Salon de l'Auto 2016 : les carburants alternatifs © BELGA

Il n'y a pas si longtemps, les Salons de l'automobile étaient bien plus simples, entendez par là qu'aujourd'hui, il n'y a jamais eu autant de sortes de modes de propulsion différents. Il existe aujourd'hui cinq sortes bien distinctes de moteurs, ou plutôt de sortes de carburant. Ce qui ne va pas faciliter la tâche des indécis en quête de la voiture dont ils ont besoin... Le Diesel Gate du second semestre de 2015 a au-moins eu pour effet positif d'amener les individus à réfléchir à une doucle question: quel moteur choisir et est-ce ue le Diesel est encore intéressant? Le gazole ne va certainement plus s'imposer si vite qu'il l'a fait jusqu'à présent, c'est une chose. Encore faut-il, désormais, savoir vers quoi se tourner, quelle alternative choisir. Dans cette réflexion, tout candidat acheteur a intérêt à déterminer quels sont ses besoins réels et quel moteur pourrait, au mieux, y répondre. Combien de kilomètres sont parcourus chaque année, et dans quel type d'environnement dominant (ville, réseau secondaire, autoroute)? Pour affiner le choix, il importe également de savoir si l'acheteur est en quête de la solution la plus économique pour lui, ou la plus écologique pour la planète. Car les voitures vertes peuvent être encore chères, même si les choses évoluent plutôt dans le bon sens... mais pas partout en Belgique. Pour vous faire une idée, présentons les cinq carburants en mesure de faire avancer une voiture:

Le Diesel Le bon choix¿pas pour tout le monde Malgré les désagréments qu'il implique, le Diesel concerne encore la moitié des immatriculations de voitures neuves. Ce type de moteur reste le plus sobre et, par conséquent, le moins chargé en rejets de CO2. Les professionnels de la route et les particuliers dits "gros rouleurs" ne jurent que par ce type de carburant. Mais attention, souvent il s'agit de moteurs plus imposants, donc plus taxés et à partir de 2018 il sera plus cher à l'achat. Cela dit, quiconque effectue plus de 30.000 bornes par an conserve un intérêt à rouler au Diesel. Mais n'oubliez pas: si le Diesel est le roi des autoroutes, il ne s'adapte pas vraiment à un usage principalement urbain.

Tous les constructeurs, ou presque, proposent des moteurs Diesel dans leur gamme. Cela dit, dans le segment des citadines, ce type de propulseur est de moins en moins retenu dans la gamme des nouveaux modèles.

Essence Le meilleur choix de demain Il en fait plus aucun doute que, depuis quelques années, les moteurs a essence ont effectué une véritable et durable montée en puissance. Devenus plus puissants et sobres, ils ont regagné l'intérêt des consommateurs. De nos jours, un 1.0L à trois cylindres et turbocompresseur n'a plus rien d'exclusif, ce type de moulin développe jusqu'à 120-125 ch, voire plus. Certains constructeurs, comme Ford, vont même jusqu'à les implanter dans des grandes berlines familiales (la Mondeo) et le résultat est étonnant. Dans de tels gabarits, ils ne brillent pas par leur consommation mais, par contre, côté fiscalité c'est nettement plus intéressant. Un automobiliste dont le kilométrage annuel se situe entre 15 et 20.000 km aurait tout intérêt à rouler à l'essence. Et parce qu'ils rejettent peu de particules fines, ils sont idéaux dans en usage mixte ville/autoroute.

Si Ford a été un précurseur en matière de 1000cc turbocompressé, aujourd'hui d'autres lui ont emboîté le pas, notamment Opel, Kia, Seat et Renault.

Hybride L'idéal dans les embouteillages Les voitures hybrides associent un moteur thermique et un moteur électrique, le second étant plus petit que le premier. Ils disposent d'une batterie encore relativement petite qui se recharge automatiquement lors des freinages ou lors des phases de ralentissement. L'énergie des phases de freinages, autrefois perdue, est ainsi intelligemment recyclée pour alimenter la voiture. Mais en raison de la faible capacité des batteries, l'autonomie électrique reste très réduite et ne peut souvent s'effectuer qu'à basse vitesse. En fait, le principe est simple: le moteur électrique joue un rôle d'appoint au moteur thermique, en l'aidant dans les phases de démarrage et de reprises (dépassements), dans l'unique but de limiter les besoins en carburant fossile. Dans la grande majorité, cette technologie s'applique à des moteurs à essence. Les automobiles hybrides sont parfaites dans l'environnement urbain, où les phases de départs et d'arrêts se succèdent rapidement. Et aussi dans les embouteillages, où le principe est idéalement mis à profit. Avec un peu d'attention, à vitesse constante (et mesurée) sur grand axe, les hybrides se révèlent plus sobres que les Diesel. Mais il n'y a pas de miracle: une voiture hybride doit être menée différemment, avec plus de calme, pour réellement se révéler intéressante.

En la matière, Toyota et Lexus sont les acteurs principaux puisque proposant, quasiment dans tous les segments, un modèle hybride relativement accessible financièrement. La star incontestée du marché des hybrides est la Toyota Prius, dont la quatrième et nouvelle génération effectue ses débuts au Salon de Bruxelles, cette année.

Les hybrides rechargeables Brillant en théorie, seulement Il existe une sorte de sous-segment à celui des hybrides, très à la mode: les hybrides rechargeables. Ces automobiles possèdent un moteur thermique, un moteur électrique plus puissant et des batteries de plus forte capacité. En théorie, cet attirail vous assure une autonomie électrique d'une bonne cinquantaine de kilomètres. Ces voitures sont rechargeables car une prise permet de les connecter à une prise pour régénérer les batteries. Généralement, ce type de voiture affiche une puissance élevée car moteurs thermique et électrique travaillent de concert mais, paradoxalement, affichent des valeurs de CO2 ridiculement basses, profitant de la manière dont sont menées les procédures d'homologation. Prenons par exemple le nouveau Audi Q7 e-tron, un joli bestiau de 373 ch mais dont la consommation moyenne est annoncée à 1,7 l/100 km, donc les rejets de CO2 seront forcément très bas également, donnant droit à un régime fiscal avantageux. Dans la pratique, la consommation réelle rejoint une réalité nettement moins paradisiaque, parce que le poids s'invite dans la danse, ce qui, en roulant seulement à l'électrique, fait vite fondre les réserves; sur le moteur thermique uniquement, celui-ci doit tirer plus de poids par rapport à une voiture thermique normale (le poids des batteries et de l'équipement électrique). En résumé, les hybrides rechargeables séduisent par un lot de belles promesses, mais peu les tiennent suffisamment pour aboutir à une réelle révélation. Fiscalement, il y a par contre matière à être tenté. Surtout si votre type de conducteur est ad hoc: 50% de ville où l'on roulera le plus souvent possible à l'électricité; 50% d'autoroute à rythme posé.

En tout cas, les constructeurs ont vu dans cette solution la clé pour abaisser le niveau moyen (de toute leur gamme) de rejets de CO2. De la sorte, ils peuvent continuer à produire, en parallèle, des modèles thermiques plus puissants. Audi propose les A3 et Q7 e-tron, VW possède déjà sa Golf GTE et BMW propose notamment la 330e. Sans oublier Mitsubishi et son Outlander PHEV. Même les constructeurs de prestige s'y sont mis, comme Porsche avec ses Cayenne et Panamera E-Hybrid. Donc¿

Les voitures électriques La seconde voiture parfaite Rien de plus propre, à l'usage, qu'une voiture électrique, dans le sens où aucun rejet nocif n'est produit. Pour les défenseurs des villes de demain, c'est la solution rêvée. Bien sûr, il faut tenir compte d'une autonomie réduite à 140-250 km , en théorie, selon les modèles. Un souci que la marque Tesla réduit quasiment à néant en dotant ses modèles de batteries supplémentaires¿ au détriment du poids et du prix de vente final. Par rapport à une hybride rechargeable (Plug-in hybrid) une voiture 100% électrique se montre plus sobre parce qu'il n'y a plus de moteur thermique à tirer. Et cette année, la Flandre accorde une réduction de 5000? à l'achat d'une voiture électrique d'une valeur jusqu'à 30.000?. L'autonomie actuelle des électriques ne peut suffire dans le rôle de première voiture du ménage. Par contre, elle devient un choix extrêmement sensé comme second véhicule de la famille. Et dans l'idéal, le domicile doit prévoir une place où la voiture peut recharger à l'abri.

Le marché des voitures électriques ne déborde pas encore de propositions, mais Renault et Nissan possèdent des modèles très aboutis et intéressants. La Nissan Leaf est une vraie berline du segment C qui, grâce à sa nouvelle batterie d'une capacité de 30 kWh, assure une autonomie réelle de 200 km (250 en théorie). De son côté, la Zoé de Renault, plus compacte, est potentiellement à la portée financière de la majorité des automobilistes. En outre, Renault et Nissan utilisent un principe de location des batteries, une pirouette permettant d'abaisser l'investissement pour l'acheteur et de ne pas mettre ce dernier dans l'embarras le jour où ses batteries sont KO (on lui changera simplement son module). Kia s'est aussi lancé sur ce marché avec la Kia Soul EV, intéressante à de multiples points de vue. Mercedes propose un véhicule plus premium avec la Classe B électrique. Enfin, Tesla réussit le compromis performances/autonomie acceptable, mais à un prix élitiste.

CNG Plus intéressant qu'escompté Le gaz naturel compressé ou CNG (compressed natural gas) est une alternative encore très sous-estimée. A la base, une voiture fonctionnant au CNG dispose d'un moteur à essence conventionnel mais adapté pour rouler aussi au CNG. Cela implique la présence d'un réservoir supplémentaire (le plus souvent, sous la voiture). Lorsque la réserve de gaz est épuisée, la voiture peut poursuivre sa route à l'essence, sans le moindre problème. Du point de vue de la pollution, les émissions de CO2 et de tous les autres rejets nocifs sont nettement moins élevées que lorsque l'auto fonctionne à l'essence, et pour ce qui concerne l'autonomie, aucun risque de tomber en panne, à moins de le faire exprès. L'infrastructure semble s'adapter de plus en plus en Belgique et des facilités fiscales sont accordées, mais pas partout en Belgique. Le coût de ce carburant est un peu moins onéreux que celui du Diesel à l'haute actuelle mais on sait que cette différence s'accentuera, en faveur du CNG, dans les prochaines années. Si vous vous équipez d'un compresseur spécifique, il sera même possible de faire le plein depuis votre installation domicile (si passage de gaz prévu, et l'opération durera quelques heures). Cette technologie rencontre déjà un franc succès en Italie et en Allemagne. Autre avantage: les installations sont montées en départ usine, donc garantie et mieux intégrée que dans la cas des installations LPG, qui ne sont pas du tout la même choses (LPG = gaz de pétrole liquéfié). Si vous habitez près d'une station CNG, cette solution est immédiatement plus intéressante que le Diesel. Audi propose déjà la A3 G-tron, Volkswagen la Golf et Skoda une Octavia CNG. C'est aussi le cas des Mercedes Classe B, Opel Zafira ou encore Fiat Panda. Les constructeurs sont déjà prêts!

L'hydrogène Le carburant de demain Les constructeurs travaillent depuis longtemps à des voitures roulant à l'hydrogène. Mais à ce jour, seul deux modèles sont en vente sur le marché, à prix très dissuasifs. Au lieu d'une grosse batterie, les voitures à hydrogène utilisent une pile à combustible (encapsulée) afin de produire de l'électricité qui activera le moteur électrique de l'auto. Ce type de voiture a une autonomie d'environ 500 km et ne rejette que de l'eau, aucune particule nocive. Intéressant, mais à ce stade les marchés sont encore confrontés à un immense problème d'infrastructures (il n'existe quasiment pas de stations en Belgique) et le prix reste bien trop élevé pour le particulier. Les modèles vendus en Belgique sont les Hyundai iX35 Fuel Cell et la Toyota Mirai. Les deux asiatiques coûtent environ 66.000 euros.

(Belga)

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