Urbain Vandormael
Urbain Vandormael
Urbain Vandormael est spécialisé en voitures.
Opinion

12/01/16 à 14:18 - Mise à jour à 14:28

"Jamais encore, l'achat d'une voiture n'a été aussi avantageux"

Le jeudi 14 janvier, le 94e Salon de l'Auto de Bruxelles ouvrira ses portes. Suite à l'alerte terroriste, on ne savait pas si la grand-messe de l'automobile aurait bien lieu, mais à présent que la normalité est à peu près revenue dans nos vies quotidiennes, les organisateurs et les exposants espèrent une affluence massive. Les marques proposent d'ores et déjà des réductions jusqu'à 30% et plus.

"Jamais encore, l'achat d'une voiture n'a été aussi avantageux"

© Renault

Les marques qui vendent bien au Salon de l'Auto sont assurées d'une bonne année. Par contre, celles qui font de mauvais résultats ne pourront plus compenser le retard accumulé. Pratiquement toutes les marques de voitures réalisent 30 à 40% de leur chiffre d'affaires total de l'année en janvier et février. Dans d'autres pays, les ventes sont réparties sur toute l'année et l'impact du Salon de l'auto est beaucoup plus limité. Et à l'exception de Frankfort et de Paris, les salons à l'étranger attirent moins de monde que Bruxelles.

En outre, l'European Motor Show Brussels arrive à tenir une cadence annuelle, une prestation qu'il ne faut pas sous-estimer vu les économies rigoureuses réalisées dans le secteur, ce qui explique la nervosité des importateurs et des concessionnaires. La concurrence impitoyable et les coûts d'investissements et de personnel beaucoup plus élevés ont fait baisser leurs marges bénéficiaires à un niveau historiquement bas. À en croire, leur fédération professionnelle, près de la moitié travaille à perte et il n'y a pas d'amélioration en vue.

Réductions historiquement élevées

Quelques jours avant le Salon de l'Auto, les Belges amateurs de voitures se retrouvent submergés de publicités annonçant des réductions historiquement élevées de 30% et plus. Lesdites "conditions de salon" sont un phénomène connu dans notre pays, mais la nouveauté c'est que des marques premium comme BMW, Mercedes et Volkswagen en proposent aussi.

Si vous achetez une VW Golf d'une valeur catalogue de 21 995 euros par exemple, vous économisez pas moins de 7 000 euros, soit une réduction de 32%. Sur une VW Polo de 15 175 euros, vous gagnez 4 825 euros, et si vous optez pour une VW Tiguan l'avantage s'élève à près de 10 000 euros. Même scénario chez BMW : sur une 518d Sedan vous bénéficiez de plus de 12 000 euros de réductions et d'extras, pour une Mercedes Classe E, ce montant s'élève même à 14 000 euros. Dans le cas de la VW Tiguan et la Mercedes Classe E, il s'agit de modèles de fin de série bientôt remplacés par un tout nouveau modèle.

Les réductions élevées évoquées ici ne s'appliquent donc pas à tous les modèles et comprennent une prime de recyclage de 1 500 euros pour votre ancienne voiture. Le prix des nouvelles voitures n'a donc pas soudainement baissé d'un tiers. Lesdits modèles de fin de série sont venus toute l'année avec des réductions de 30% et plus.

Sachez que si vous souhaitez acheter une auto, vous devrez négocier âprement le moindre pourcentage et que vous aurez à faire face à des vendeurs roublards qui connaissent toutes les ficelles du métier. Sachez aussi qu'en tant que particulier vous avez le droit d'annuler une "vente salon" dans un délai de sept jours et par lettre recommandée.

Redorer son blason

La guerre des remises découle de la concurrence impitoyable qui règne sur les marchés européens, mais aussi de la confiance trahie de la clientèle après les manipulations des taux d'émissions par Volkswagen. Même s'il n'est pas prouvé que d'autres marques de voitures sont coupables de cette fraude, une partie de la population éprouve cette impression.

Dans le cas de Volkswagen, on peut partir du principe que la marque souhaite redorer son blason en proposant des réductions exceptionnellement élevées et des avantages supplémentaires afin de rentrer en grâce auprès de son public. En décembre, le dieselgate a en effet entraîné une baisse de 25% de ventes de voitures VW. La campagne "braderie" oblige ses concurrents à s'activer, afin d'éviter de perdre une part de marché au tricheur VW.

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Les acheteurs potentiels ont beau ne pas approuver les magouilles de VW, si la marque leur permet d'économiser 5 000 euros sur l'achat d'une nouvelle voiture, les objections morales seront rapidement oubliées

Les plus petites marques qui ne disposent pas de la capacité financière de Volkswagen sont mécontentes et risquent d'être le dindon de la farce. Les acheteurs potentiels ont beau ne pas approuver les magouilles de VW, si la marque leur permet d'économiser 5 000 euros sur l'achat d'une nouvelle voiture, les objections morales seront rapidement oubliées.

Intérêts contradictoires

Quoi qu'il en soit, le tsunami de réductions est une bonne nouvelle pour les acheteurs potentiels, d'autant plus que les banques se mettent soudainement à proposer des financements très intéressants. Officieusement, on dit que certaines comptent même afficher des taux d'intérêt de 0%. Je n'exagère donc pas en disant que l'achat d'une nouvelle voiture n'a jamais été aussi avantageux que maintenant.

En lisant entre les lignes, vous pourriez voir une recommandation d'acheter une nouvelle voiture, si ce n'était que cet achat n'offre pas de solution à la source principale d'agacement des automobilistes, à savoir les embouteillages interminables, stressants et chronophages. Dans le meilleur des cas, votre nouveau véhicule émettra moins de CO2 et de NOx que votre ancien, et vous contribuerez tout de même à une meilleure qualité de l'air.

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