Airbags défectueux: 1 milliard de dollars d'amende pour Takata aux Etats-Unis

13/01/17 à 20:43 - Mise à jour à 20:43

Source: Belga

Le groupe japonais Takata a plaidé coupable vendredi de fraude aux Etats-Unis et versera une amende d'un milliard de dollars pour solder le scandale de ses airbags défectueux, qui a également valu à trois de ses anciens cadres d'être inculpés.

Airbags défectueux: 1 milliard de dollars d'amende pour Takata aux Etats-Unis

© AFP

"Les équipementiers automobiles qui vendent des produits censés protéger les consommateurs contre des blessures ou des décès doivent placer la sécurité avant les bénéfices", a déclaré Barbara McQuade, une des responsables du département de la Justice (DoJ), dans un communiqué publié vendredi.

Selon les autorités américaines, l'équipementier nippon aurait, pendant plus d'une décennie, dissimulé l'existence d'un défaut majeur dans ses airbags, susceptibles d'exploser inopinément en projetant des fragments sur le conducteur ou le passager. Quinze décès, dont 11 ont Etats-Unis, sont associés à cette avarie.

A partir de 2000, le groupe aurait ainsi fourni à ses clients, les grands constructeurs automobiles, des rapports "tronqués et frauduleux" afin de tromper leur vigilance et maintenir ses chiffres de vente.

Ce scandale a conduit l'agence de la sécurité routière américaine (NHTSA) à ordonner le rappel de quelque 70 millions de ces airbags, qui ont été utilisés à grande échelle par de nombreux constructeurs (Honda, BMW, Fiat Chrysler, General Motors, Ford, Nissan, Toyota...).

Environ 30 millions d'autres unités doivent également être réparées sur le reste du globe.

La pénalité d'un milliard de dollars infligée à Takata lui permettra d'échapper à un procès pénal et servira, quasi-intégralement, à indemniser les automobilistes et les constructeurs floués par les pratiques du groupe, a précisé le DoJ dans un communiqué.

Ce scandale avait déjà valu en novembre 2015 au groupe japonais une amende civile sans précédent de 200 millions de dollars aux Etats-Unis, dont 130 avec sursis, et l'a forcé à annoncer plusieurs mesures pour changer ses pratiques.

Les autorités ont également révélé vendredi avoir engagé en décembre des poursuites pénales contre trois anciens cadres du géant nippon, qui pèse 20% du marché mondial des airbags et ceintures de sécurité, marquant les premières inculpations dans ce vaste scandale.

Vétérans de l'entreprise qu'ils ont quittée en 2015, Shinichi Tanaka, Hideo Nakajima et Tsuneo Chikaraishi ont été notamment en poste aux Etats-Unis et sont accusés de "conspiration", selon les documents légaux publiés vendredi.

En dépit de plusieurs mois de recherche, les autorités américaines n'ont pas encore établi la cause fondamentale de l'avarie qui frappe certains airbags Takata équipés de gonfleurs au nitrate d'ammonium.

Deux facteurs aggravant les risques semblent toutefois avoir été identifiés: l'ancienneté et une longue exposition à une très forte humidité.

Avec cette nouvelle annonce, l'administration Obama boucle en tout cas un de ses dossiers emblématiques avant de passer la main à Donald Trump, qui doit prendre ses fonctions le 20 janvier.

Mercredi, les autorités américaines avaient déjà refermé le volet pénal d'un autre retentissant scandale dans l'automobile, en infligeant 4,3 milliards de dollars de pénalités supplémentaires à Volkswagen dans l'affaire des moteurs diesel truqués.

Ce règlement financier est également un soulagement pour l'équipementier japonais qui recherche un investisseur extérieur afin d'orchestrer sa restructuration. Les rumeurs d'accord avaient d'ailleurs fait s'envoler l'action vendredi matin à Tokyo.

Les négociations avec plusieurs candidats potentiels ont été entamées il y a plusieurs mois, mais elles butent sur les nombreux risques judiciaires qui pèsent sur le groupe, également visé par des plaintes collectives d'automobilistes.

Newsletter

Ne manquez plus l'actualité importante du jour. Abonnez-vous à ces newsletters.

Nos partenaires