Accord avec la Suisse: Reynders évoque des recettes de 10 milliards

06/09/12 à 11:12 - Mise à jour à 11:12

Source: Le Vif

(Belga) Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR), a évoqué jeudi des recettes potentielles de dix milliards d'euros dans le cadre d'un accord "Rubik", que la Suisse propose de négocier à la Belgique.

M. Reynders, qui s'est rendu en Suisse lundi et mardi, a soulevé la question avec la présidente et ministre des Finances de la Confédération, Eveline Widmer-Schlumpf. Interrogé jeudi sur Matin Première (RTBF), il a évoqué des recettes potentielles de 10 milliards d'euros sur la trentaine de milliards que les Belges auraient placés en Suisse. Du côté suisse, le secrétariat d'Etat aux questions financières internationales ne confirme pas ce montant. Le chiffre est une approximation faite du côté belge sur base des formules retenues dans les accords Rubik conclus avec l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Autriche, souligne-t-on. Au cabinet du ministre belge des Finances, Steven Vanackere, le chiffre n'est pas non plus confirmé. Le paiement envisagé correspond à un forfait proposé au titre de la "régularisation du passé". La Suisse propose de prélever sur les comptes bancaires une portion des avoirs de résidents étrangers et de la reverser à l'état de résidence. Dans le cas de l'Allemagne et du Royaume-Uni, la fourchette retenue est de 21 à 34%, selon les cas. Pour l'Autriche, le taux a été fixé de 15 à 30%. Sur cette base, les gouvernements des différents pays ont estimé les recettes attendues. Mais les accords en tant que tels ne fixent aucun montant, si ce n'est une avance sur les recettes attendues. L'Allemagne a ainsi obtenu deux milliards de francs suisses (1,6 milliard d'euros), le Royaume-Uni 500 millions (415 millions d'euros) et l'Autriche rien. Les accords Rubik prévoient par ailleurs, pour l'avenir, un prélèvement oscillant entre 25% et 35% pour divers revenus financiers. Dans une réaction à l'agence Belga, la secrétaire-générale de la FGTB, Anne Demelenne, a critiqué le chiffre de 10 milliards, "un raccourci qui risque de cacher la réalité", selon elle. Les accords Rubik "ne règlent pas le problème en profondeur, car on ne lève pas le secret bancaire", a-t-elle ajouté. (PVO)

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