Abdication - "Un discours bien préparé", estiment des spécialistes de la communication

03/07/13 à 19:57 - Mise à jour à 19:57

Source: Le Vif

(Belga) Le discours du roi Albert II mercredi a été "bien préparé", estime Marc Lits, directeur de l'Observatoire du récit médiatique de l'Université catholique de Louvain. François Heinderyckx, professeur de communication politique à l'Université libre de Bruxelles, remarque quant à lui "la richesse de la mise en scène".

Abdication - "Un discours bien préparé", estiment des spécialistes de la communication

"Ce discours est l'un des plus importants du règne d'Albert II", commente d'emblée Marc Lits. Il se distingue cependant par son style, le roi se tenant debout et lisant ses notes de manière ostentatoire, ce qui dénote des discours habituels du roi, lors desquels il est plutôt fait usage d'un prompteur. "Le fait de lire ses notes peut vouloir montrer que ce moment a été bien préparé", estime Marc Lits, qui rappelle que cette nouvelle "n'est pas tombée comme une bombe" mais circulait depuis plusieurs mois déjà. François Heinderyckx voit dans le fait que le roi lise ses fiches "une volonté de souligner la solennité du moment". Le choix de lire ses notes est assez critiquable pour François Heinderyckx. "On a plus vu le crâne du roi que ses yeux, qui étaient constamment attirés vers ses fiches", commente-t-il. Il remarque également le ton relativement neutre de cette allocution, visant à souligner son caractère institutionnel. "J'imagine que le discours du 20 juillet sera plus personnel et plus empreint d'émotion", commente M. Heinderyckx. Le décor de ce discours fait également réagir ces deux spécialistes. "Le portrait de Léopold Ier peut indiquer une volonté de souligner la continuité de la fonction royale", explique Marc Lits. Le fait d'être debout dans une pièce avec une porte ouverte en fond symbolise, pour François Heinderyckx, "la métaphore de quelqu'un qui s'en va". Sur le fond, les deux académiques remarquent la volonté de modernité exprimée par le souverain. "Ces remarques assez critiques, indiquant que la monarchie doit vivre avec son temps, sont assez inhabituelles", remarque François Heinderyckx. "Albert II a insisté sur les citoyens et les appelle à se prendre en main. (...) Il donne l'impression de remettre son 'mandat' au peuple, ce qui est plutôt inhabituel dans le cadre d'une fonction royale", commente Marc Lits. MM. Lits et Heinderyckx pensent tous les deux que la communication du palais sera cadenassée d'ici le 20 juillet et le dernier discours officiel du roi Albert II. "Il faut créer de la rareté, car la réception du discours du 20 juillet, qui pourrait être une sorte de testament politique, sera dès lors plus intensive", conclut François Heinderyckx. (Belga)

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